24.1.09

Le plus bel endroit sur (Terre)




Le sable me chatouillait les pieds, je ne savais plus reconnaitre l'endroit où j'étais pourtant allée la veille. Tout avait changé si vite. Le ciel s'était poudré d'étoiles, la mer s'était endormie et la lune, la magnifique, l'extraordinaire lune avait dû gâter son ventre d'amour pour devenir si grande. Elle était devenue parfaitement ronde et sublimement blonde. Elle veillait sans doute à soigner son reflet dans l'immense miroir qu'est la mer. La lumière blafarde qu'elle dégageait créait une atmosphère douce et apaisante.
Face à ce merveilleux décor, mes yeux et mes oreilles ne s'étaient jamais autant régalés, et mon esprit confondait rêve et réalité. Je serrai mes genoux fort dans mes bras, posai ma tête délicatement dessus et gigotai mes orteils pour me sentir sur Terre. Les délicats remous des vagues me chantaient un air délicieux. Derrière moi, Olivier, les yeux grands ouverts, contemplait cette nuit grandiose comme un enfant découvre le jour. Doucement, l'envie de me fondre dans ce paysage m'envahit. Je me levai alors, marchai dans le sable frais jusqu'aux vagues et plongeai mes pieds dans l'eau restée tiède. C'est alors que la mer m'inspira une terrible envie d'évasion. Elle, infinie, m'abandonnait et me reprenait aussitôt, comme une mère protectrice et rassurante. j'oubliais tout, j'oubliais le temps et j'oubliais même que je devais la quitter bientôt. Un délicat vent du sud soufflait dans mes cheveux. Il semblait prendre vie à travers les vagues, jouer en poussant délicatement les grains de sable. Le grand enfant me rejoignit pour ne plus penser. Marchant le long de la plage, il souriait tristement. Petit à petit, la réalité reprenait le dessus. Et c'est alors que le maudit temps reprit son cours. Et à la seconde suivante, à la simple vue des deux choses que j'aimais le plus au monde, des deux choses que j'allais simplement quitter le jour revenu, à la simple vue de son sourire et de ce magnifique endroit, mes yeux se noyèrent dans les larmes.